08/10/2007

St NICOLAS PRIEZ POUR EUX !!!!

DOUCE FRANCE

PAUVRE FRANCE

SARKO 1er

AU QUOTIDIEN

Sarkozy, le monocrate

 

Lors de notre assemblée générale de fin juin, nous avons défini le nouvel édifice institutionnel de la France comme une monocratie : le pouvoir non héréditaire (c’est la différence avec la monarchie) d’un seul. Un système dans lequel le Parlement ne sert qu’à enregistrer ; le Gouvernement et les partis qui le soutiennent à obéir ; les partis politiques d’opposition à désigner des candidats aux élections. La politique actuelle de la France est donc aujourd’hui le fait d’un seul homme. Compte tenu de la nature de son pouvoir, il n’est plus que formellement Président de la République. C’est en fait un chef de l’état, certes élu, mais tout puissant, au-delà même des domaines habituels des pouvoirs constitués.



Dès le premier été de son pouvoir, l’exercice ubuesque de sa fonction commence à poindre, à travers son activisme névrotique : il décide ainsi que Guy Roux peut être entraîneur de l’équipe du Racing Club de Lens, malgré son âge, jusqu’à ce que le caractère pitoyable de ses performances conduisent l’intéressé à y renoncer ; que sa femme peut remplacer le pauvre Kouchner pour négocier directement avec Kadhafi ; ou encore, quotidiennement, à propos de n’importe quel fait divers, il intime l’ordre de légiférer, quitte à ce que dans le même temps, il fasse supprimer les postes de fonctionnaires chargés de la mise en oeuvre ; le chef du gouvernement est au mépris du texte de la constitution, un simple « collaborateur » (le mot ne lui fait pas peur), qui est publiquement tancé par des inconnus sortis de son cabinet. Au demeurant, la pseudo réforme de la constitution qu’il entend imposer aura pour seul but d’aggraver ce terrible déséquilibre des pouvoirs au pays de Montesquieu. Sa politique européenne, dominée par la mégalomanie est déjà discréditée dans toutes les capitales européennes, où ses contradictions (réclamer plus de coopération, alors qu’il agit plus unilatéralement que n’importe lequel de ses prédécesseurs) On attend donc avec plus d’inquiétude que d’amusement ses prochaines foucades.



Mais, derrière les multiples anecdotes livrées plus ou moins consciemment par une presse, pour l’essentiel servile, perce un homme convaincu qui poursuit trois objectifs précis et complémentaires :



- le fils manqué de Mme Thatcher : sur le plan social, l’ancien maire de Neuilly sur Seine donne aux riches, dès les premières semaines 15 milliards d’euros, au prétexte d’établir la « confiance ». Cependant, contrairement à ses croyances, tout ne s’achète pas, même dans son propre milieu, et la question du financement de ses cadeaux aberrants inquiète même ceux qu’il proclame pourtant comme ses amis européens. Loin d’accélérer la croissance, ces cadeaux inconsidérés s’accompagnent de son ralentissement, ce qui ne l’empêche pas de proclamer qu’il veut (sic) 3%, alors qu’il nous fait tomber au-dessous de 2 ! Manifestement, cet homme a toujours eu un problème de croissance : l’anti-de Gaulle, en quelque sorte… Alors, pour financer ses premières aberrations, il commence à prendre aux pauvres (franchise médicale), et accélère le démantèlement de l’ensemble des services publics. Pour briser la résistance syndicale, il met donc en place une stratégie graduelle de provocations (service minimum, puis régimes spéciaux), qui oblige leurs directions, malgré leurs désirs de négociations, à accepter un affrontement, d’où ils sortiront vraisemblablement laminés, matraquage médiatique aidant.  



- le Le pénisme rampant : l’autoritarisme intérieur est nécessaire à la stratégie antisociale de Sarkozy, pour contenir les « classes dangereuses », et l’arsenal répressif d’inspiration le péniste, esquissé dans ses fonctions antérieurs (cf. le remarquable livre blanc rédigé par la Ligue des Droits de l’Homme), se développe, à l’égard des étrangers, des mineurs et de tous les faibles, à coup de gourdins et/ou de tests ADN.



- le dernier Bushman : alors que dans toute l’Europe, les partisans de Bush (Aznar, Berlusconi, Tony Blair) ont du se retirer sous les huées, en attendant que le même sort frappe à juste titre leur propre mentor, Sarko l’américain, adoubé de façon grotesque à Washington, s’intègre dans l’OTAN, comme aucun président français avant lui. Il marque un dédain scandaleux de l’Afrique et de tous ses peuples à Dakar. Puis, déjà dans une logique de fuite en avant qui rappelle la créature d’Alfred Jarry, il reprend à son compte les folles menaces de bombardements contre l’Iran du malheureux Kouchner, avec pour seule circonstance atténuante son impuissance à les mettre en oeuvre…



En attendant que les enchaînements inexorables de ces stratégies réactionnaires et dangereusement complémentaires se fassent pleinement sentir, deux dossiers vont commencer à révéler la nature réelle de l’omnipotence de Sarkozy : le « Grenelle de l’environnement » et le Traité européen.

 



- Sur le premier, les miettes qu’il va consentir seront certes toujours bonnes à prendre. Mais son intransigeance sur les grands dossiers (nucléaires, OGM, autoroutes ou incinérateurs…) devra conduire à des luttes unitaires, après ce qui restera sans doute comme un nouvel hommage du vice (productiviste) à la vertu (écologiste).



- Bien entendu, ce président que l’on prétend si populaire ne peut assumer publiquement le tour de passe-passe par lequel il prétend escamoter le vote négatif que les citoyens français ont exprimé contre le projet de Traité européen. Il entend donc violer leur volonté, en faisant ratifier une réforme des institutions presque identique par des parlementaires à sa solde.


 
*   *   *


Dans ce contexte de régression démocratique et sociale, à la fois sur le plan national et international, sans précédent depuis deux tiers de siècle, il n’est guère que l’ensemble des mouvements sociaux et culturels, qui puisse commencer l’oeuvre de résistance, en s’organisant en réseau comme elles commencent à le faire, dans un nombre croissant de domaines. Si on veut éviter qu’une aussi folle page de notre histoire ne se termine pas (trop) mal, il faut espérer que la détermination de leurs militants fera reprendre leurs esprits aux différentes factions de la gauche française, afin que renaisse une démarche crédible de reconquête démocratique !

 

Dominique Taddei

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20:55 Écrit par chris dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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